Robert Nkouamou : « Une grosse victoire pour les imprimeurs locaux »

Robert Nkouamou

Le président du Groupement Interprofessionnel des imprimeurs du Cameroun réagit à la décision de faire imprimer localement les manuels scolaires.

 

Qu’est-ce qui change pour les imprimeurs camerounais ?

Depuis à peu près trois ans, le Premier ministre avait instruit le Conseil d’agrément de donner 50% de la production des livres scolaires aux imprimeurs locaux. C’est une mesure qui n’a jamais été respectée pour la simple raison qu’elle n’est pas répressive. Et l’éditeur étant aussi un homme d’affaire ne peut pas faire un livre au Cameroun à 1300 FCFA alors qu’il peut faire le même livre à l’étranger à 1000 FCFA. Et quand il revient avec ses livres, il ne paie pas de douane.

Pour cette année, les livres qui doivent être mis au programme, dans l’appel d’offres national adressé aux éditeurs, l’une des conditions est que ces livres-là soient imprimés au Cameroun. C’est une décision répressive. Si on met ton livre au programme, tu ne peux ne pas l’imprimer au Cameroun. Ce sont les livrets de la Sil, du CP, du CE1, du CE2, CM1 et CM2 francophones et anglophones, qui représentent à peu près 2 350 000 livres à imprimer en noir et blanc et couverture couleur. Donc c’est une grosse victoire pour les imprimeurs locaux. Ce qui va changer principalement c’est qu’on nous permettra maintenant de présenter aux yeux des Camerounais la capacité de production des imprimeurs camerounais. Ce n’est pas grand-chose parce que cela représente à peu près 10% de la réalité de la production nationale, mais ça reste quand même une bonne victoire. C’est à nous maintenant les imprimeurs de montrer au gouvernement que nous sommes effectivement localement en mesure de faire des travaux aux standards internationaux et de manière rapide.

 

Avez-vous pris des mesures particulières pour relever le défi ?

Nous avons fait une espèce de charte éthique pour les imprimeurs nationaux agréés. Nous sommes une quinzaine. Nous avons fait une convention et tout ça essaie d’encadrer le travail qui va être fait. Au départ nous avons voulu créer un comptoir, un comité de quatre personnes où les éditeurs viennent s’adresser, remettre leurs travaux que l’on dispache entre les imprimeurs. Mais le Conseil a dit que c’est mieux que ce soit indépendant. C’est-à-dire que l’éditeur va où il veut, mais qu’il fasse le travail localement. Donc nous gagnons déjà en confiance.

 

Quelle est votre réaction à la suite de cette évolution ?

En tant que président national des imprimeurs, je suis très content du combat. Ça n’a pas été facile. Nous sommes tous très fiers de cette décision du Ministre de l’Education de base à qui nous transmettons nos remerciements, tout comme au Premier ministre et toute la direction du Conseil national. C’est déjà un grand pas. Nous allons maintenant montrer à toute la République notre travail. Ce n’est qu’un début, les années à venir on va pouvoir faire des livres avec des couleurs, un peu plus volumineux, bien que le défi reste l’achat de la matière première. La matière première doit être défiscalisée pour nous permettre d’avoir les mêmes pris que les imprimeurs qui sont à Paris, à Bruxelles ou à Toronto. Parce que nous achetons tous le papier sur le marché international à peu près à 1000 dollars la tonne, mais ils l’utilisent directement chez eux sans avoir à payer de gros frais de transport et de douane. Nous payons le transport et la douane, ce qui fait que la tonne de papier peut nous revenir à 1800 dollars. C’est un problème sur lequel il faudrait que l’on planche, pour baisser les coûts et permettre aux éditeurs locaux de nous confier la production de leurs livres.

Maintenant, les imprimeurs locaux ont-ils d’autres revendications ?

Notre première revendication c’est la défiscalisation des matières premières. C’est vraiment un gros problème. Au niveau de la douane, on doit pouvoir nous permettre de rentrer au Cameroun avec du papier sans douane. L’idée n’est pas d’affaiblir l’Etat ou de réduire l’économie, mais l’idée est de permettre que les éditeurs aient des prix vraiment abordables et qu’ils ne puissent plus aller à l’extérieur. On avait promis de nous donner 50% des livres, on a à peu près maintenant 10%. Dans les années à venir on monte à 30, 40, 50%. Ce sont nos revendications essentielles. Maintenant, au niveau des banques il va falloir qu’on permette aux imprimeurs d’avoir une facilitation à l’accès au crédit. C’est aussi un élément essentiel pour permettre d’élever le niveau économique et le niveau matériel des imprimeries. Notre défi c’est de nous mettre à niveau, de faire des formations, de rénover nos machines. Donc il y a un ensemble de choses qu’il faut faire globalement pour être au top.

Jules Romuald Nkonlak

Author: Jules Romuald Nkonlak

Né le 29 janvier 1978 à Bafoussam, Jules Romuald Nkonlak est journaliste, diplômé de la 31e promotion de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) en 2003. Il a commencé sa carrière au quotidien Mutations qu’il a quitté en 2007, l’année de la création du quotidien Le Jour. Rédacteur en chef adjoint au départ, il a été nommé rédacteur en chef en 2011.

Jules Romuald Nkonlak

Né le 29 janvier 1978 à Bafoussam, Jules Romuald Nkonlak est journaliste, diplômé de la 31e promotion de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) en 2003. Il a commencé sa carrière au quotidien Mutations qu’il a quitté en 2007, l’année de la création du quotidien Le Jour. Rédacteur en chef adjoint au départ, il a été nommé rédacteur en chef en 2011.


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    Né le 29 janvier 1978 à Bafoussam, Jules Romuald Nkonlak est journaliste, diplômé de la 31e promotion de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) en 2003. Il a commencé sa carrière au quotidien Mutations qu’il a quitté en 2007, l’année de la création du quotidien Le Jour. Rédacteur en chef adjoint au départ, il a été nommé rédacteur en chef en 2011.