
Le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, appelle à la transparence, l’efficacité du contrôle, la traçabilité des revenus et la juste redistribution des retombées économiques au profit des populations
Le président de l’Assemblée nationale (PAN), Théodore Datouo, a procédé à l’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’année législative 2026 le mardi 9 juin. Pour ce rendez-vous important de la vie parlementaire, le PAN a mis le doigt sur deux principaux maux qui mettent à mal la cohésion sociale ces derniers mois, à savoir : la gouvernance du secteur minier et la question foncière. Car ces deux sujets alimentent les débats et suscitent de vives tensions au sein des communautés. Mais aucune solution durable n’a été trouvée jusqu’ici pour juguler ces préoccupations. Sans fioritures, le PAN est monté au créneau pour attirer l’attention des uns et des autres sur ces questions. La différence notoire entre la quantité d’or exportée et celle déclarée a fait perdre au Cameroun plusieurs milliards de FCFA. Ce manque à gagner suscite encore des interrogations au sein de l’opinion. Les populations riveraines peinent à profiter de ces ressources. Car elles enrichissent une minorité grâce à l’exportation illégale. Les ressources minières sont une chance pour le pays. Elles devraient être un puissant levier de développement économique, de création d’emplois, d’amélioration des infrastructures et de transformation structurelle de notre économie, souligne le président de l’Assemblée nationale. « Pourtant, force est de constater que dans l’opinion publique, les débats se multiplient, des chiffres considérables sont avancés. Des interrogations persistent sur les revenus effectivement générés par l’exploitation de certaines ressources. Des questions sont posées sur les mécanismes de collecte, de gestion et de redistribution de ces revenus. Plus préoccupant encore, les populations vivant dans les zones minières ont parfois le sentiment que les richesses extraites de leur sous-sol ne se traduisent pas suffisamment par une amélioration visible de leurs conditions de vie », regrette le PAN. Et de relever : « Cette situation nourrit l’incompréhension. Le problème minier est devenu à certains égards un sujet inflammable. Nous ne devons pas l’ignorer. Il appartient aux administrations compétentes et aux départements ministériels concernés d’activer les efforts nécessaires afin de renforcer la transparence, l’efficacité du contrôle, la traçabilité des revenus et la juste redistribution des retombées économiques au profit des populations ».
La question foncière n’est pas en reste. Le titre foncier a toujours été considéré comme le fondement de la sécurité juridique en matière immobilière. Il est censé garantir au propriétaire la stabilité de ses droits et la protection de son patrimoine. Or des conflits et contentieux fonciers récurrents, des procédures longues, des revendications concurrentes, et certaines pratiques condamnables donnent le sentiment que des situations juridiquement établies pouvaient être remises en cause. Théodore Datouo invite le gouvernement à fournir davantage d’efforts pour régler définitivement cette question foncière. Au-delà de ces deux questions sur lesquelles le président de l’Assemblée nationale s’est longuement étendu, il a rappelé l’importance de cette session de juin qui s’ouvre dans un contexte économique difficile. Conformément aux textes en vigueur, cette session de juin est consacrée au débat d’orientation budgétaire. L’objectif est de définir les priorités pour l’année à venir. Les parlementaires ont profité de l’ouverture de cette session pour rendre hommage à Marcel Niat Njifenji (ancien président du Sénat) et à Cavaye Yeguié Djibril (ancien PAN) décédés cette année.




