
Passants et riverains ont emporté des palettes de jus. Les éléments des Forces de l’ordre se sont déployés sur les lieux dimanche, pour préserver ce qu’il reste du contenu de cet engin.
Les populations de Barrière Ahala et ses environs ont passé un dimanche paisible. Un jour béni pour eux car un camion transportant des palettes de jus de marque ‘’Ultimate Light ‘’ s’est renversé sous l’échangeur. C’était aux environs de 8H hier dimanche, 21 juin. « Le ciel a pensé à nous aujourd’hui. On étanche notre soif », souligne un passant tenant une bouteille de jeu entre les mains. Des bouteilles vidées de leurs contenus jouxtaient la chaussée. Les roues de cette carrosserie de 22 pieds étaient en l’air. Une partie du contenu de l’engin était dans la rigole sous l’échangeur. Des éléments des forces de l’ordre étaient déployés de part et d’autre pour sécuriser ce qui était encore à préserver.
Avant leur arrivée, les riverains et les passants se sont servis à volonté juste après l’accident. Des motos ont servi de moyen de transport des palettes de jus. « C’est tombé vers 8h30. Certains ont chargé des palettes de jus des motos. D’autres ont mis dans des voitures. Chacun se servait à volonté. C’est une manne venue du ciel », indique un moto-taximan. Cet accident a obstrué la circulation pendant de longues minutes. D’autres camion transportant des cassiers de bière et des palettes d’eau sont passés par là. Les uns et les autres rêvaient de voir ces engins subir le même sort. « Camion tombe aussi on veut boire. Chauffeur fait comme ton collègue », pouvait-on entendre. Aucune perte en vue humaine n’a été enregistrée. Selon certains témoins, le chauffeur et son convoyeur n’ont rien eu de grave. Ils seraient en observation médicale.
La cause de l’accident n’est pas connue. Selon certains témoins, le chauffeur du camion a raté le virage. D’autres pointent du doigt l’infrastructure. Pour eux, le rond-point a été mal fait et occupe inutilement l’espace. « On enregistre ces accidents régulièrement ici. Les camions n’ont pas assez d’espace pour tourner. Quand ces engins sont chargés, les chauffeurs peinent à traverser. Imaginez un seul instant si c’était un Caterpillar. Il devait avoir des dégâts. Je pense qu’il faut revoir ce rond-point. Il occupe assez d’espace. Si non on aura toujours des accidents ici », souligne un taximan. Un ancien employé de cette société de production de jus n’a pas caché son désarroi face à ce pillage. « Ce camion n’appartient pas à la société. En réalité, le chauffeur allait faire une livraison. A voir la quantité du stock, le chauffeur sortait du pays avec. Il y a accident mais les populations viennent plutôt piller. Le chauffeur et le propriétaire du camion seront en difficulté. Il faudra rembourser les pertes. C’est une question de mentalité chez nous. Les populations doivent changer. Il est question de protéger et non de piller. Même dans la pauvreté, on doit garder des valeurs ». Au niveau de barrière Ahala, nous avons rencontré des jeunes et moins jeunes traînant des palettes de jus avec des sourires en coin. Certains les liquidaient à vil prix. En quittant échangeur Ahala aux environs de 10 heures, la foule était encore présente et les forces de maintien de l’ordre veillaient au grain.





