Prévention des maladies zoonotiques : la surveillance la faune sauvage comme rempart

Faune

 Experts nationaux et internationaux tirent la sonnette d’alarme. L’absence de suivi structuré de cet espace fragilise la santé publique au Cameroun .

Mettre en place une stratégie de surveillance sanitaire de la faune sauvage au Cameroun reste  encore un défi majeur pour la santé publique . Le pays compte  plus de 2000 espèces sauvages en liberté, rappellent les spécialistes. Trop pour les moyens actuels. Entre l’absence d’harmonisation dans la collecte et le partage des données, la manipulation non-contrôlée des espèces sauvages et de leurs  produits, des infrastructures limitées pour le conditionnnement et la conservation des échantillons, la complexité logistique des activités de terrain et l’absence d’un cadre règlementaire clair, tout freine . Par conséquent, les acteurs sur le terrain peinent à prévenir et à gérer l’éducation des risques.

L’atelier national sur la surveillance integrée de la faune sauvage au Cameroun, selon l’approche  » Une Seule Santé » ,  qui s’est  tenu du 3 au 5 juin à Mbankomo , a donc formulé des pistes concrètes. D’abord,  de  structurer un appui budgétaire étatique durable en faveur des organisations de la société civile (OSC) et des communautés locales afin de  pérenniser les réseaux de surveillance passive sur le terrain, tout en garantissant un mécanisme systématique de retour d’information. Ce sont elles qui font remonter l’alerte depuis la forêt.  Ensuite ,  développer et intégrer un tableau de bord partagé spécifique à la santé de la faune sauvage au sein du Système d’Information One Health du Cameroun (COHIS) , dans l’optique de briser le cloisonnement des données  entre secteurs. Sur le plan financier, l’atélier appelle  à explorer des niches de recettes non-fiscales et de nouveaux mécanismes de souveraineté et de durabilité financière, notamment en initiant un dialogue institutionnel pour impliquer l’industrie forestière via des taxes écologiques compensées par des exonérations fiscales.  Enfin, sceller par convention le travail entre le  ministère des Forêts et de la Faune et celui de l’Elévage, des Pêches  et des Industries animales sur la surveillance épidémiologique de la faune sauvage.

<< La protection sanitaire de la faune sauvage constitue désormais le premier rideau de sécurité pour la santé des populations camerounaises face au risque de franchissement de la barrière >> , ont conclu  les participants.  Car la faune sauvage , c’est plus que les animaux de la forêt. On y retrouve   ceux en en liberté,  ceux en captivité,   ceux en chasse (gibiers) et même la faune synanthropique, ces espèces qui vivent au contact de l’homme : rat, chauve-souris…

Marie Laure Mbena


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