Meurtre du Dr Blanche Ndontsa : Christian Fouelefack déclaré non coupable

Christian Fouelefack

 

Malgré de réels atermoiements, le tribunal de grande instance de la Menoua n’a pas trouvé de charge pour le maintenir en prison.

Au cours d’une audience-éclair hier, 9 juin 2026, le professeur d’histoire Christian Fouelefack Tsamo, détenu depuis plus de deux ans pour le meurtre présumé de son épouse, Blanche Ndontsa, a été déclaré non coupable. Le collège des juges a perdu moins de cinq minutes, entre 12h50 et 12h55, pour le relaxer, au bénéfice du doute. Fin d’un long feuilleton judiciaire, qui a commencé en avril 2024 et qui aura connu des rebondissements, parfois véritablement inattendus. A de nombreuses audiences, les nombreux curieux qui affluaient repartaient avec l’assurance que les accusations étaient légères et s’attendaient à ce que l’accusé soit libéré, avant d’être surpris le jour du rabattement du délibéré que les alentours du tribunal avaient été militarisés. Par la suite, les échanges entre les avocats de Christian Fouelefack et le tribunal ont brûlé du souffre, parce que Me Bouobda et sa consoeur, Me Sandrine Sokeng ont soupçonné et dénoncé qu’il travaillait pour ou avec leurs adversaires dans le procès. L’élégante plaidoirie de Me Patrice Monthe, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats le 25 mai dernier, a davantage fragilisé l’argumentaire de l’accusation, sans déconcentrer les juges, qui tenaient à avoir des réponses à leurs questions.

Poursuivi par le ministère public, ses beaux-parents, avec la complicité de l’amie intime de son épouse, Christian Fouelafack avait été initialement présenté au tribunal pour des faits allégués d’assassinat. Il lui était reproché d’avoir organisé à la hâte les obsèques de son épouse, tombée dans leur domicile au quartier Penground un samedi soir et morte par la suite dans des conditions toujours non élucidées, pour dissimuler les traces de sa « mort violente ». Le rapport du médecin-chef de l’hôpital régional annexe de Dschang, qui a reçu le corps dans sa structure et ceux des deux légistes commis par le procureur, divergent sur des points importants. De même, les avocats ont beaucoup polémiqué  sur « l’imputabilité des faits ».

L’universitaire, ancien prisonnier politique et politicien redouté des cadres locaux du Rdpc, pourra dans les prochains jours savourer l’air de la liberté, en compagnie de ses enfants, qui sont venus lui rendre visite au tribunal lors de la dernière audience et étaient répartis avec la même interrogation : que fait notre père en prison ? Il pourra surtout rendre un hommage mérité au cadavre de son épouse, maltraité par plusieurs autopsies et des conditions de conservation parfois défaillantes, s’il trouve les ressources financières pour payer le coût, puisqu’il avait appris à l’une des audiences qu’il est responsable des frais de morgue. De là où elle se trouve, elle a dû apprécier la lettre qu’il lui a adressée, pour lui raconter sa nouvelle vie.

Franklin Kamtche


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