
Co-production camerouno-nigériane, le film de Clarisse Ongbassomben, qui sera diffusé en avant-première les 09 et 12 septembre à Douala et Yaoundé, respectivement, se veut le gardien de la mémoire Banen.
Le premier rendez-vous est fixé au jeudi 10 septembre à 19h, au cinéma Majestic Douala-Bessengué. Deux jours plus tard, le film prendra la direction de Yaoundé pour une avant-première, le samedi 12 septembre à 19h, au cinéma Majestic Yaoundé-Ngoa-Ekelle, situé sur le campus de l’Université de Yaoundé I. Derrière ce calendrier se cache l’ambition plus large de raconter une partie du Cameroun à travers ceux qui en portent encore les traditions. « Ndiki Village » plonge ainsi dans une histoire familiale marquée par la disparition d’un chef de famille polygame. Sa mort devient le point de départ d’un récit où se croisent rites funéraires, héritage, liens familiaux et transmission des valeurs. Le choix du banen comme langue du récit participe de cette volonté de faire du cinéma un outil de valorisation du patrimoine. Le film est tourné en langue banen, langue parlée par le peuple éponyme établi dans le département du Mbam et Inoubou (Centre) dans le Nkam (Littoral) et en anglais, donnant à entendre une identité culturelle jamais mise au premier plan dans les productions cinématographiques destinées au grand public au Cameroun.
À la réalisation, le Nigérian Ugezu J. Ugezu, figure de l’univers Nollywood, travaille avec la Camerounaise Clarisse Ongbassomben, productrice et scénariste du film. Le casting de cette co-production inédite réunit également des acteurs des deux pays, parmi lesquels Onny Michael, Uju Okoli, Simon Pierre Somo, Ajanigo Inikpi Simeon et Mami Dona. Cette alliance entre les deux industries donne au projet une dimension particulière. Elle rapproche deux écosystèmes cinématographiques voisins, tout en plaçant au centre du récit une communauté et ses pratiques culturelles. L’enjeu va donc au-delà de la simple narration d’une histoire familiale, pour montrer comment en Afrique, les traditions continuent de structurer les rapports entre générations. Le deuil, dans « Ndiki Village », n’est pas seulement un moment de séparation. Il ouvre une réflexion sur ce qui demeure après la disparition d’un aîné, c’est-à-dire, les rites, les récits, les responsabilités, mais aussi une langue et une manière de comprendre la famille.
Pour les spectateurs camerounais, les deux projections constituent donc une occasion de découvrir une œuvre qui cherche à conjuguer divertissement et patrimoine. À Douala comme à Yaoundé, « Ndiki Village » propose surtout de regarder la culture banen autrement, non pas comme un héritage figé, mais comme une mémoire vivante susceptible de trouver sa place sur les écrans.





