
Plusieurs versions s’affrontent autour du décès dOzanne, 11 ans et 11 mois, survenu vendredi 18 septembre 2026 dans des circonstances encore non élucidées.
Quatre jours après le décès de la petite Ozanne, 11 ans et 11 mois, dans des circonstances troubles, le mystère n’est toujours pas levé. Des thèses s’affrontent et se confondent sur les évènements survenus vendredi 18 septembre 2026 et ayant conduit au décès de l’élève inscrit en classe de 5ème au Collège de La Salle à Douala. Une première initiative pour tenter de lever le voile et apaiser les esprits n’a pas eu l’effet escompté. Devant la colère des parents, le délégué régional des Enseignements secondaires du Littoral a en effet convoqué une réunion d’informations lundi 21 septembre dans l’enceinte du collège. Les entrées de cet établissement scolaire sont filtrées le jour-dit, avec un important dispositif sécuritaire au portail.
Dans la salle du gymnase choisie pour abriter les discussions, la tension entre les parents d’élèves est bien perceptible. Si certains parents réclament que justice et transparence soient établies, d’autres par contre ont des idées déjà bien arrêtées sur ce qui se serait passé, évoquant un viol sur la mineure. Mais l’hôpital Laquintinie de Douala qui a accueilli la fillette n’a commis à date aucun communiqué confirmant cette thèse. L’enquête policière non plus n’a pas encore rendu sa copie. La réunion d’informations avec le délégué s’achève en queue de poisson. Le préfet des études annonce au cours de celle-ci la pratique d’une autopsie sur la dépouille de l’élève le mercredi 23 septembre 2026.
Le récit du père
Mardi 22 septembre 2026, au lendemain de la réunion dinformations, le gouverneur de la région du Littoral se rend au domicile des parents de l’élève disparue. Samuel Dieudonné Ivaha Diboua rencontre ensuite les responsable du collège De La Salle. Lors de son entretien avec le patron de la région, Henri Moukoko, le père de la victime, dit tout son désespoir. Il déroule le film de sa journée de vendredi, date fatidique. Ce jour-là, Henri n’a pas pu joindre le service de location de voiture pour accompagner sa fille à l’école. Comme à l’accoutumée dans ces circonstances, il a cheminé à pied avec elle jusquau lieu-dit Feu Rouge Bessengue. Elle a emprunté un taxi ici. Une fois au collège, Ozanne a fait signe à son papa qui venait de regagner lui aussi son lieu de service. Henri raconte qu’Ozanne ne rentrait pas seule des classes. La dame de ménage la retrouvait toujours devant le portail du collège.
Alors qu’il se trouve à son bureau vendredi vers 17h, le téléphone sonne. A l’autre bout du fil, l’enseignant titulaire de la fille. Henri décroche. Le titulaire demande à savoir s’il a reçu un appel de l’école. « Je ne suis pas à l’école, mais j’ai suivi que votre fille a fait un malaise et quon l’a trouvé dans les toilettes de l’école. Je suis en train de me rendre aux urgences de Laquintinie », indique l’enseignant. Henri Moukoko appelle immédiatement le préfet d’études du collège. Celle-ci, rapporte -t-il, lui fait savoir qu’ils essaient de le joindre depuis, en vain. On demande au parent de se rendre urgemment aux urgences de l’hôpital de Laquintinie, « que l’enfant est vivant ». Il s’exécute.
Plusieurs thèses
A son arrivée dans le centre hospitalier, les responsables du collège s’approchent de lui et lui demandent si sa fille avait des antécédents de santé. Le père explique que cette dernière a eu une indigestion il y a une semaine. Elle vomissait et faisait de la diarrhée. L’enfant a été conduit chez une pédiatre qui a fait une prescription médicale. La petite suivait son traitement et navait plus vomi et fait de la diarrhée depuis lors, apprend-on. C’est seulement à cet instant que Henri Moukoko entend : « elle est passée ». Le parent est confus. Il se demande comment en trente minutes sa fille est quittée d’un malaise à urgence, puis à « elle est passée ». Une infirmière vient avec un formulaire et demande le nom de l’enfant. Le parent insiste pour l’inscrire lui-même sur le formulaire. Sur le formulaire, il lit qu’il est mentionné que l’enfant est arrivé à l’hôpital décédé, rapporte-t-il. Il remplit les informations requises. Il voit la dépouille de sa fille ensuite. Henri rapporte que plusieurs policiers se trouvaient dans la salle. Il fait appel à sa cousine médecin et insiste afin quelle soit présente lors de l’auscultation du corps. Henri Moukoko rapporte que le médecin légiste a fait savoir que du sperme a été retrouvé dans le vagin et l’anus de sa fille. Le père est auditionné sur place par deux gendarmes.
Aujourdhui profondément bouleversé, le père indique au gouverneur de la région du Littoral qu’il veut savoir ce qui s’est réellement arrivé à sa fille. Que l’autopsie soit faite et que les résultats soient rendus. Le papa est divisé entre plusieurs thèses qui entourent cette affaire. A côté des thèses de malaises, viol, une autre thèse d’empoisonnement lui a aussi été rapportée. Le gouverneur relève des incohérences dans le récit et fait savoir que toutes les personnes concernées dans cette affaire seront entendues. Il reconnait qu’il ne s’agit pas du premier incident à Douala, mais que rien n’échappe aux investigations. « Après le décès, les officiers de police judiciaire ont ouvert des enquêtes. C’est après ces enquêtes que nous serons mieux fixés. Nous étions au niveau de la famille de la défunte avant d’arriver au niveau de l’établissement. Les versions sont divergentes par endroit. Avec les enquêtes, le puzzle sera reconstitué. Nous voulons continuer à fustiger le fait que certaines personnes, si jamais elles sont auteurs de ces drames, qu’elles puissent se réviser. C’est après ces enquêtes que nous serons fixés. On mettra toujours la main sur les responsables ».
Le reporter a appris que la même journée du vendredi 18 septembre, Julienne D, âgée de 12 ans et élève au collège Mongo Joseph a été admise au même moment qu’Ozanne à Laquintinie. Les deux fillettes se sont retrouvées dans la même salle. D’après les premières informations recueillies, Julienne a été admise vivante, mais mal en point. Des proches ont témoigné que l’adolescente a eu des malaises la veille jeudi, au quartier New-Bell. Elle vomissait et faisait de la diarrhée. Conduit à l’hôpital, elle décède pendant les soins. L’auscultation de sa dépouille a révélé des sévices sexuels vaginales et anales. D’étranges similitudes dans les deux cas.





