
Immersion au sein de cette formation militaire qui mène des missions de type commando en toute discrétion sur les façades maritime et terrestre.
Des informations font état de ce qu’un groupe terroriste exerçant des activités de piraterie maritime a enlevé trois personnes au large de Isongo, peu après Limbé, dans la région du Sud-Ouest. La Compagnie des palmeurs de combat reçoit l’alerte aux premières heures du mercredi 13 mai 2026. Les informations divulguées sont vérifiées. Cette unité d’élite de la Marine nationale établie dans l’arrondissement du West Coast est qualifiée pour cette intervention qu’elle a l’habitude de mener. Les détails révélés lors du briefing indiquent que les assaillants sont localisés à ‘’Point Lima’’ et sont équipés d’armes automatiques de type AEG. La mission des militaires de la Copalco consiste à neutraliser l’ennemi et à libérer les otages (libération et escorte). Une opération qui va se jouer en deux phases, selon les consignes de l’Enseigne de Vaisseau de première classe Eloute Eloute Raphaël.
La Team Alpha, l’équipe des plongeurs, est chargée de la reconnaissance du plan d’eau, la sécurité sous-marine et l’installation du point de regroupement. La deuxième équipe, Bravo, se chargera du largage rapide, de la prise de plage, du raid, de l’escorte des otages et le retour sur base. Après le briefing, les militaires se déportent vers le quai. Ils enfilent rapidement les combinaisons de plongée : néoprène, chaussons, cagoules, gants, gilets stabilisateurs, bouteilles à air comprimé, masques fasciaux … Ils suivent un autre briefing rapide sur le déroulement de la mission. Cet exercice revient sur les coordonnées et les timings de déploiement, entre autres. À 11h20, les plongeurs se jettent à l’eau. Ils vont, balisent la zone, et donnent le signal. Les palmeurs, des fusiliers commandos, se déploient ensuite et lancent l’assaut.
De véritables amphibiens. Ils sortent de la mer par binôme et gagnent le rivage, armes aux poings. Ils avancent en toute discrétion. Les militaires ont repéré un point en altitude. A l’aide d’une échelle, ils y trouvent refuge, le temps d’enfiler une tenue plus adaptée avec en bonne place, les gilets par balles et les casques. Les militaires ouvrent le feu. Un des preneurs d’otage est au sol au premier coup. Un autre, après quelques échanges de tirs. Pendant l’opération, un militaire est touché. Il est rapidement secouru par les siens et porté à l’épaule. Les otages sont libérés Ils sont sains et saufs. Ils sont conduits en zone sécurisée. Même s’il ne s’agissait que d’une simulation avec des balles à blanc, la manœuvre a donné à voir la dextérité et le savoir-faire de cette unité d’élite qui opère en toute discrétion à l’abri des caméras.
Que les meilleurs retenus
Pour se maintenir en condition physique et prêts au combat, les hommes des cinq différentes escouades qui composent la Compagnie des palmeurs de combat suivent régulièrement des cours de recyclage. Les sujets sont variés. La leçon dispensée dimanche 17 mai 2026 en salle de cours par exemple est intitulée « Armement- M 21 S ». Les apprenants du jour sont des militaires de l’escouade de reconnaissance. Ils s’édifient à nouveau sur la balistique. Il est question ici d’en apprendre davantage sur l’arme ; de connaitre les parties d’une minutions, son comportement, sa portée et son impact sur le corps. « Il est important de se recycler à travers des mises en condition opérationnelles avant et après chaque déploiement même après la formation, d’où notre pôle d’instruction », indique le Lieutenant de Vaisseau Landry Tamba, Commandant de la Compagnie des palmeurs de combat (Copalco).
A côté de la théorie, la pratique reconsolide les acquis. Sur le champs de tirs aménagé au poste de commandement de la Copalco à Isongo, les militaires, armes aux poings, se déploient. Ils simulent ce dimanche 17 mai 2026, une intervention dans un espace clos. L’opération, apprend-on, permet de se préparer pour des missions dans des navires. Pour cet entrainement, les militaires tirent à balles réelles. Ils reprennent l’exercice plusieurs fois. Les militaires de l’escouade des palmeurs et plongeurs, eux, sont régulièrement au contact de l’eau au travers de divers exercices et missions dans cette formation militaire qui ne retient que les meilleurs dans ses rangs. «On ne choisit pas d’être à la Copalco. C’est la Copalco qui choisit les meilleurs. J’ai eu la chance d’être parmi les meilleurs et d’intégrer la Copalco », fait savoir l’Enseigne de Vaisseau de première classe Eloute Eloute Raphaël. Il indique qu’en nage libre, il peut passer deux heures sous l’eau sans équipement. Avec les palmes, il assure qu’il peut nager jusqu’à ce que les crampes surviennent.
Actions sociales
La Copalco contribue aussi au développement social des populations riveraines dans le cadre des Activités civilo-militaires, apprend-on. Si l’examen de Common Entrance s’est déroulé sans heurt à l’école publique de Bakingili par exemple, c’est aussi grâce à la présence des hommes de la Copalco à l’intérieur de cet établissement scolaire et dans les broussailles environnantes. La Copalco est en effet régulièrement engagée dans des missions de sécurisation des examens et des écoles et lycées à Bakingili, à Batoke et à Idenau. Les témoignages des riverains parlent aussi d’un vécu cordial avec leurs voisins militaires qui les facilitent la vie sur plusieurs plans. « Nous vivons en bons termes ici avec Copalco. Souvent nous n’avons pas d’eau. Nous allons nous ravitailler à Copalco. Nous n’avons aucun problème avec eux. Même le 08 mars, nous allons là-bas travailler et ils nous donnent un peu d’argent. Lorsque nous sommes malades, nous allons à l’infirmerie de la Copalco où nous recevons les premiers soins. Les militaires de Copalco viennent souvent ici nous faire la recette en achetant nos marchandises », témoigne Marie Tembe, une habitante de Isongo.
REACTIONS
«Nous menons des missions de type commando »
Lieutenant de Vaisseau Landry Tamba. Le Commandant de la Compagnie des palmeurs de combat parle des missions de cette unité d’élite de la Marine nationale et son rapport avec les riverains.
C’est quoi la Compagnie des palmeurs de combat ?
La Copalco, compagnie des palmeurs de combat, appartient aux forces de fusiliers marins et palmeurs de combat, Forfumapco, qui est l’une des forces de la Marine nationale aux côtés des forces de surface. La Copalco est constituée de cinq escouades. Nous avons une escouade de commandement et de soutien, une escouade de reconnaissance, une escouade de démolition, une escouade de palmeurs plongeurs et une escouade de l’action de l’état en mer. En plus de ces escouades, nous avons certains grands services qui nous permettent de mener à bien nos missions. Nous avons le pôle d’instruction, parce que même après la formation, il est important de se recycler à travers des mises en conditions opérationnelles avant et après chaque déploiement. Nous avons également la drone nautique qui a toutes nos embarcations que nous utilisons pour nos missions.
Quel est le champs d’action de la Copalco ?
Il est bien vrai que la Copalco est une compagnie à compétence nationale, mais sur le plan domestique, nous avons une zone d’action bien limitée. Nous sommes situés ici à Isongo, arrondissement du West Coast dans le département du Fako. Notre zone d’action est divisée en deux. Nous avons une façade terrestre à sécuriser ainsi qu’une façade maritime. La façade terrestre commence à Batoke qui est dans Limbé 2. Elle se termine à Betika, qui est dans Bamousso, pas très loin du 21e Bafumar. La façade maritime s’étend sous un fond d’environ 25 nautiques, une profondeur de 5 nautiques. Cela veut donc dire que les missions de la Copalco sont aussi divisées.
Quelles sont les missions de la Copalco ?
Nous avons ceux qui sécurisent le plan terrestre et ceux qui sécurisent le plan maritime. Pour le plan maritime, cela se fait avec la drone nautique, ainsi que le personnel de différentes escouades à travers des patrouilles maritimes. Pour ce qui est du plan terrestre, c’est beaucoup plus des patrouilles motorisées et des patrouilles pédestres. Maintenant, les missions de la Copalco, qui est une unité d’élite de la marine… Ce qui rend cette unité d’élite, c’est les missions de type commando que nous menons, de un. De deux, les missions de reconnaissance en profondeur et de recherche de renseignements en toute discrétion, mais avec la possibilité d’engager le combat. La suite des missions que nous menons, comme les autres forces de la Marine nationale, nous avons les missions de défense. Et là, nous parlons des missions de sécurisation et de protection des espaces maritimes fluviaux et lacustres. Nous parlons également de l’appui aux autres forces de défense et de sécurité dans la protection de l’intégrité du territoire national. Ensuite, nous avons les missions de services publics, tels que le « Search and Rescue», la protection de l’environnement, la lutte contre la pollution. Nous avons aussi la responsabilité de venir en aide aux navires en détresse. Et pour finir, nous avons des missions de l’action de l’État en mer. Ici, nous parlons de lutte contre la piraterie maritime, de lutte contre le trafic de tout genre, c’est-à-dire le carburant frelaté, les drogues, les faux médicaments, les plastiques et ainsi de suite. Nous luttons également contre l’immigration clandestine. Et maintenant, pour pouvoir faire tout ce travail, nous avons des spécialistes que nous pouvons retrouver dans les différentes squads. Nous avons des palmeurs, des plongeurs, des plongeurs de bord, des plongeurs, démineurs. Nous avons des dronistes, nous avons des maguistes. Nous avons des armuriers, des artificiers, des transmetteurs et des instructeurs en tout.
Qu’en est -t-il des Actions civilo-militaires de la Copalco ?
Pour ce qui est des actions civilo-militaires, nous sommes dans une zone de crise, telle que vous connaissez déjà. Nous avons donc cette mission de venir en aide aux populations, aux écoles dans notre zone d’action. Par exemple, nous sécurisons le lycée technique à Batoke, les écoles primaires à Bakingili jusqu’à Idenau. Nous venons en aide aux enfants le matin, le soir, lorsqu’ils doivent aller en classe, s’il faut ralentir la circulation, s’il faut les aider à traverser la route, nous sommes toujours présents. On organise parfois aussi des championnats avec les riverains et les écoles qui sont dans les alentours. Pour le transport, nous aidons également les différentes écoles à transporter les élèves de Bakingili jusqu’à Idenau. On le fait très souvent en février et en mai pour les accompagner à la place du défilé. A chaque fois qu’ils nous sollicitent, nous faisons l’effort d’être présents.
Quel est le bilan de la Copalco ces derniers mois ?
Et comme bilan jusqu’ici, l’année dernière par exemple, on n’a pas eu vraiment de cas de piraterie maritime, mais on a beaucoup plus eu des cas de sauvetage en mer. Ce qu’on appelle « Search and Rescue », on a pu sauver une quinzaine de personnes d’un navire qui a chaviré. Il y a aussi des corps qu’on a pu repêcher. Et une centaine d’immigrants clandestins sur qui nous avons mis la main et des milliers de litres de carburants frelatés qui ont été remis à la disposition des autorités compétentes.
Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo, à Isongo





