Journée du groupe BID : Près de 2000 milliards de FCFA pour la transformation économique du Cameroun

BID

C’est le montant global des interventions de la Banque Islamique de Développement à l’endroit du pays, destinés à l’amélioration des conditions de vie des populations, au développement des infrastructures et au renforcement des capacités productives de l’économie camerounaise.

50 ans après la première intervention pour la construction du barrage de Songloulou avec un octroi de 3,5 milliards de FCFA de la Banque Islamique de Développement (BID), le partenariat entre le Cameroun et ce Groupe continue d’être visible. Entre réalisations dans le secteur de l’énergie, de l’éducation, de la santé et de l’infrastructure, la Banque Islamique de développement continue de manifester l’intérêt qu’elle porte au Cameroun. C’est dans ce contexte que la journée du Groupe de la Banque Islamique de Développement se tient depuis le 14 septembre et s’achève le 18 à Yaoundé. Présidée par Joseph Dion Ngute, Premier ministre, Chef du gouvernement, la cérémonie a réuni des administrations publiques, des chefs diplomatiques, des acteurs de la société civile, des acteurs financiers et techniques et le secteur privé, afin d’échanger sur les enjeux du financement du développement des infrastructures, du commerce, de l’investissement privé et de la transformation économique du Cameroun.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre le Cameroun et le Groupe de la Banque Islamique de Développement et vise à renforcer le dialogue autour de la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), ainsi que des moyens de mobiliser davantage de financements et d’investissements au service des priorités de développement du pays. « Aujourd’hui, le portefeuille global des interventions de la Banque Islamique de Développement en faveur du Cameroun s’élève à près de 2000 milliards de francs CFA. Ces financements ont profité à des secteurs essentiels de notre économie et de notre développement social, notamment l’agriculture, l’énergie et les infrastructures de transport. Ils couvrent également les secteurs de l’éducation et de la santé, qui occupent une place déterminante dans la construction du capital humain et dans la réalisation des ambitions de développement de notre pays », a indiqué Joseph Dion Ngute, Premier ministre, Chef du gouvernement.

Le président de la République du Cameroun, a-t-il déclaré d’entrée de jeu, suit avec une attention particulière l’évolution et les perspectives du partenariat fécond qui lie le Cameroun au Groupe de la Banque Islamique de Développement. Il s’agit maintenant d’écrire l’avenir de ce partenariat constructif. Dans cette perspective, la convergence entre les priorités nationales du Cameroun et les nouvelles orientations stratégiques de la Banque Islamique de Développement constitue une opportunité exceptionnelle. Aussi, Joseph Dion Ngute invite les administrations publiques, les entreprises publiques et parapubliques, les collectivités territoriales décentralisées, les opérateurs économiques, les partenaires au développement, ainsi que les organisations de la société civile à tirer avantage de ces assises pour un Cameroun émergent, industrialisé, inclusif et résilient à l’horizon 2035.

Une niche d’opportunités pour 2027-2029

Pour Alamine Ousmane Mey, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire et gouverneur du Cameroun auprès de la BID, c’est une niche d’opportunités : « Je suis convaincu que les trois journées d’échanges permettront d’explorer les perspectives de notre partenariat promis à un avenir encore plus radieux. De divers instruments, innovants vont être mis à contribution à cet effet », affirme-t-il. Et de poursuivre : « Nous allons mettre à l’échelle les mécanismes alternatifs de la finance islamique. Nous ferons le meilleur usage de la fenêtre concessionnelle auprès de la BID dans le but de développer des partenariats public-privé, soutenir le secteur privé, intensifier les échanges commerciaux, promouvoir l’investissement ».

Par ailleurs, le lancement des activités du Cadre d’engagement pays 2027-2029 a été fait. Pendant cette période 2027-2029, la Banque Islamique de Développement veut formaliser un nouveau cadre d’engagement avec le Cameroun, une démarche qui intervient alors que le pays cherche à accélérer sa transformation économique et à réduire ses dépendances extérieures. Cette Journée du Groupe de la BID a également été marquée par la signature de convention avec l’échange de plusieurs accords et lettres d’intention entre la BID et ses entités affiliées, notamment la convention de financement du Projet de développement rural intégré du Dja à hauteur de 45,16 millions de dollars, soit environ 27 milliards de FCFA. Elle vise à renforcer la coopération entre le Groupe de la BID et les secteurs public et privé du Cameroun. La valeur totale des accords et ligne de financement conclus s’élève à près de 100 millions d’euros. Pendant trois jours de travail, une série de réunions bilatérales est organisée entre les représentants du Groupe de la BID, les chefs d’entreprises, les investisseurs et les institutions financières. Elle a pour objectif d’explorer les opportunités de coopération. Cette journée est également l’occasion de mettre en lumière les activités et les initiatives des institutions de ce Groupe.

De la mobilisation à la transformation économique

Cet événement souligne l’importance stratégique du Cameroun comme l’une des économies les plus prometteuses d’Afrique et met en évidence le rôle essentiel de l’engagement du secteur privé pour relever les principaux défis de développement, notamment le déficit d’infrastructures, le chômage des jeunes et des femmes, l’accès limité au financement pour les petites et moyennes entreprises (PME) et la transition vers une économie plus diversifiée et durable. L’intérêt de l’offre du Groupe de la BID réside précisément dans la diversité de ses instruments et dans son orientation vers le financement du développement. Infrastructures, énergie, éducation, agriculture ou encore développement du secteur privé. Autant de domaines où les besoins restent considérables. Mais l’enjeu n’est plus seulement de mobiliser des financements. Il faut désormais mieux sélectionner les projets, sécuriser leur exécution et mesurer leur impact sur l’économie réelle. L’offre de la BID pose aussi une exigence. Celle de passer d’une logique de mobilisation de ressources à une véritable logique de transformation économique et de résultats. Des projets d’investissement sont en vue dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations.

Marie Laure Mbena


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