
Plusieurs chefs d’accusation sont retenus contre le FSNC parmi lesquels : l’appel à l’insurrection et l’atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale. Les activités de cette formation politique sont interdites pendant 3 mois.
Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, monte au créneau. Il vient de suspendre le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) pour les trois prochains mois. Le membre du gouvernement met le parti d’Issa Tchiroma Bakary en quarantaine pour cinq chefs d’accusation à savoir : appel à l’insurrection ; atteinte à l’intégrité territoriale, à l’unité nationale et à la souveraineté nationale ; incitation à la violence ayant occasionné des destructions de biens publics et privés ; troubles graves à l’ordre public ; résidence de l’un des dirigeants statutaires à l’étranger. Toutes activités de cette formation politique sont interdites pendant cette période de suspension.
Cette mesure arrive au moment où les partis politiques se préparent pour les élections législatives et municipales en vue. L’arrêté est signé le 27 octobre 2026. Un jour symbolique car c’est le 27 octobre 2025 que le défunt président du conseil constitutionnel, Clément Atangana, déclare Paul Biya vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025. Il y a exactement un an. Ce résultat était loin des attentes de plusieurs électeurs qui voyaient Issa Tchiroma Bakary remporter ce scrutin. La soif du changement à la tête de l’État suscite un engouement dans les bureaux de vote à travers le pays. Après la proclamation des résultats, des manifestations éclatent dans le grand Nord du pays. Les rues grondent. Issa Tchiroma Bakary et ses partisans réclament la victoire. Le président du FSNC se rétracte à son domicile au quartier Marouaré à Garoua. Jeunes et moins jeunes montent la garde pour empêcher son arrestation. Les forces de maintien de l’ordre et de sécurité se déploient sur le terrain. La tension monte de part et d’autre. Le pays est sur les braises.
Des partisans d’Issa Tchiroma Bakary n’acceptent pas cette élection de Paul Biya. Certains dénoncent des irrégularités dans des bureaux de vote. D’autres réclament à cor et à cri la victoire de leur candidat. Mais au Conseil constitutionnel, le verdict est clair. L’homme du 6 novembre 1982 rempile pour un 8e mandat de 7 ans. On enregistre des casses et des incendies en guise de protestation. Les manifestations post-électorales font plusieurs victimes avec des arrestations massives au tableau du bilan. Le président du FSNC, Issa Tchiroma Bakary, réussit à quitter le pays dans ce contexte tendu. Si certains respirent l’air de la liberté, d’autres sont encore derrière les barreaux. C’est le cas de Djeukam Tchameni par exemple. Par contre, le président du Manidem, Anicet Ekane, n’a pas tenu. Il a fini par rendre l’âme. Depuis la publication de cet arrêté de Paul Atanga Nji, Issa Tchiroma Bakary, n’a pas encore réagi depuis l’étranger où il a élu domicile depuis des mois. La crise post-électorale est loin d’avoir livré son dernier épisode.





