Drame : Un mort dans les inondations à Douala

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Une femme enceinte a péri dans les eaux qui ont pris en otage les riverains à la suite de fortes pluies survenues dans la nuit de jeudi à vendredi 11 septembre 2026.

Josephine Sandjo est sans aucun doute la grande victime des inondations enregistrées dans l’arrondissement de Douala 5ème suite aux fortes pluies survenues dans la nuit de jeudi à vendredi 11 septembre 2026. Le corps inerte de cette femme enceinte âgée d’une trentaine d’années a été retrouvé allongé dans l’eau à son domicile au quartier Bonabo. La découverte macabre a été effectuée peu après 10 h par un voisin. Sorti de chez lui autour de 8h après une « lutte acharnée » avec les eaux, le jeune homme remarque que la porte de Joséphine reste fermée jusqu’à 10h. Intrigué, il décide de joindre la concernée, mais ne dispose pas de son numéro de téléphone. Il joint sa femme déjà sortie de la maison et lui expose la situation. Cette dernière lui passe le numéro de Joséphine.  

« J’ai appelé. Elle n’a pas décroché. J’ai le numéro de sa mère parce que je suis leur locataire. J’ai appelé sa mère. Elle non plus n’a pas décroché. C’est à ce moment que j’ai décidé de casser par derrière pour voir. Je suis passé par le haut et j’ai vu comment elle était couchée. J’ai alerté les gens », témoigne le voisin. Les premiers indices et témoignages indiquent que la dénommée Joséphine Sandjo serait morte par électrocution. Des habitants de ce coin de Bonabo relèvent que le niveau d’eau dans la cour et dans les maisons était impressionnant. La plupart des riverains affirment avoir perdu le sommeil autour de 1h du matin vendredi. Le bilan dressé par le gouverneur de la région du Littoral à la suite de ces intempéries fait état de ce décès, de blessés. De nombreux désagréments ont également été enregistrés dans le quotidien des habitants de Douala 5ème qui se sont réveillés cernés par les eaux.

Parcours du combattant 

Parmi les grands points critiques identifiés dans la ville après les pluies, il y a en bonne place le tronçon allant du Rond-Point Maetur à Bonabo. Soit plus de 500 mètres. Il y a aussi Bépanda-Tapis Rouge, Makèpè-Missokè, Denver (Bonamoussadi), entre autres. Les chaussées ont été entièrement inondées, perturbant la circulation. « A Bépanda, l’eau a envahi la chaussée. Les voitures qui s’aventuraient avaient l’eau jusqu’au niveau de la portière. Plusieurs conducteurs de motos ont eu des incidences sur le moteur de leur véhicule », témoigne un habitant de ce quartier qui a eu de la peine à rallier le centre-ville Akwa. A Sable, le niveau de l’eau était de telle sorte que la rivière Mbanya est sortie de son lit, noyant le pont qui sert d’ouvrage de traversée aux véhicules et piétons. 

Les piétons ont payé le prix fort de cette situation. Si certains ont eu le courage de retrousser les pantalons et plonger les pieds dans les marres d’eau par endroits, d’autres ont trouvé des idées ingénieuses sur le trajet Rond-point Maetur-Bonabo : Se déplacer au-dessus des véhicules pick-up garés de la long du trajet. D’autres riverains se sont proposés pour porter sur le dos les personnes désireuses d’effectuer le trajet sans se faire tremper, contre 500 F. Cfa. Jessica M, habitante du quartier Beedi, et employée dans une entreprise au lieu-dit Sable a eu de la peine à rejoindre son bureau. La jeune dame indique qu’elle a patienté plus de vingt minutes pour trouver un moyen de transport. « Aucune moto n’acceptait ma destination. Quand je prononçais juste le mot Sable, personne ne s’arrêtait », déplore -t-elle. 

La crainte d’autres inondations

Lorsque Jessica trouve enfin une motocyclette, elle découvre que la circulation est lente, mais ça circule. Au niveau du Rond-Point Maetur, la voie est complètement bloquée. Les piétons eux aussi font des équations. Le transporteur décide de faire un détour par Bépanda. Là encore, la chaussée est inondée. Le mototaximan se résout à foncer dans la marre, où plusieurs autres confrères ont vu leur moteur affecté. Il rejoint ensuite le lieu-dit Bépanda Tonnerre pour rallier Sable enfin. Sur place, Jessica découvre que le rez-de-chaussée de l’entreprise est inondé. Les maisons voisines aussi. Un autre habitant de Douala 5ème, Christian Ekwalla, a dû lui aussi changer complètement d’itinéraire pour quitter de Makèpè carrefour lycée à Akwa.

Sorti à 8h, le jeune « doualais » veut passer par Ange Raphäel. Ici, c’est impossible. La circulation est bloquée. L’option Cour Suprême Makèpè n’est pas à envisager. Il faut finalement passer par le carrefour conquête pour rallier Ndokoti. Ça circule à pas de tortue. De Ndokoti, Christian rejoint Akwa. Le jeune homme confie qu’il aura dépensé quatre fois plus d’argent que d’habitude pour près de 2h30 de route. « On s’est mouillé. On a failli tomber dans des flaques d’eau. A Ndogbong Dauphine, il pleuvait sur nous. On a passé trente minutes sur place. On ne bougeait pas. C’était très compliqué », déplore -t-il. Pour tenter de réduire le calvaire des habitants, au lieu-dit Carrefour Zachmann à Ndogbong, des policiers ont décidé de donner la priorité aux motos, aux bus scolaires, puis aux camions et autres véhicules. Si la quiétude semble être revenue chez les habitants de Douala 5ème après le retrait des eaux, ceux-ci craignent néanmoins de revivre pareils épisodes lors de prochaines averses. 

Mathias Ngamo Mouendé


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