
Avec un gisement de liquidités mais dormant dans le secteur informel et le Mobile Money dont les encours son estimés à près de 500 milliards de Fcfa, les experts prônent un changement de paradigme.
Les experts ont formulé des recommandations lors de la clôture du deuxième colloque financier international (Colfini 2). Pendant deux jours à Yaoundé (23 et 24 avril), ils ont jeté les bases, avec l’appui des régulateurs et décideurs, d’un changement de paradigme à savoir : transformer le marché financier régional en un moteur souverain de financement des grands projet structurants de la sous-région. Car les travaux ont mis en lumière un contraste saisissant : alors que l’écosystème institutionnel de la Cemac est désormais mature, le marché financier ne pèse encore que 2% du Pib régional. Le colloque a identifié un gisement de liquidités colossal mais « dormant », notamment dans le secteur informel et le Mobile Money, dont les encours sont estimés à près de 500 milliards de FCFA.
L’enjeu majeur acté lors des assises est de « décannibaliser » ces ressources, actuellement captées par le court terme, pour les orienter vers le financement durable des routes, des barrages et de l’énergie. Pour rompre avec les modèles de financement classiques, le Colfini 2 a adopté une feuille de route offensive reposant sur quatre piliers à savoir : la transition vers la « dette-projet » ; les fonds d’infrastructures ; la technologie comme accélérateur et le nouveau contrat de risque. A chaque pilier correspond une stratégie particulière pour aider le marché financier à atteindre des objectifs précis sur le terrain. Au niveau technologique par exemple, le colloque annonce une ère de démocratisation de l’investissement. Grâce à la Blockchain et à la tokenisation, le marché s’ouvre au « mass market ». Le Mobile Money devient le bras armé de cette inclusion, permettant à chaque citoyen de devenir acteur du développement de son territoire.
En conclusion des travaux, les participants ont appelé à la sanctuarisation de l’expertise technique régionale. La souveraineté économique de la Cemac dépendra de sa capacité à structurer, noter et piloter ses propres instruments financiers via des acteurs locaux certifiés. « L’heure n’est plus à l’observation, mais à la mise en œuvre d’une autonomie financière qui repose sur l’intelligence de nos montages et la force de notre épargne locale », souligne le rapport de synthèse du colloque. Ce colloque s’est tenu dans un contexte marqué par une propension des Etats à emprunter des ressources vers des bailleurs pour financer des projets. « Le développement a besoin d’être financé. Et il faut que nous réfléchissions sur les moyens les plus efficaces pour le financement notamment, les ressources internes et externes avec nos partenaires. Nous avons également accès au marché financier. Ils sont divers et ont des exigences qu’il faut respecter. Il est question de voir dans quelle mesure nous pouvons créer l’écosystème qui permet d’avoir accès à nos marchés financiers à moindre coût », a indiqué Gilbert Didier Edoa, le secrétaire général du ministère des Finances à l’ouverture du colloque.





