
Pour avancer ensemble, il fallait accepter de négocier séparément. La Banque centrale l’a compris.
Six ans. C’est le temps qu’il aura fallu à la Banque des États de l’Afrique Centrale pour admettre l’évidence : on ne négocie pas en bloc ce qui se règle État par État. La Banque centrale de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) tire les leçons d’une approche centralisée qui a tourné à vide face aux compagnies pétrolières, et annonce une rupture de paradigme. Désormais, chaque pays membre prendra ses propres affaires en main – avec l’assistance technique de la BEAC, mais sans attendre qu’un consensus sous régional improbable ouvre la voie. Le signal est venu du Gabon. Libreville a réussi là où la méthode collective avait échoué : rapatrier effectivement les premiers fonds de restauration des sites miniers (Fonds REST), ces provisions que les compagnies sont censées constituer pour remettre en état les sols après exploitation.
Le Gouverneur Yvon Sanaga Bangui s’est déplacé en personne pour le constater, reçu le 25 mars dernier par le Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema. Le message diplomatique est transparent : quand le chef de l’État s’implique directement, les compagnies pétrolières cessent de tergiverser. Reste une question : pourquoi cet échec ? La réponse tient en un mot – hétérogénéité. Les contrats miniers de la zone CEMAC sont des constructions souveraines, négociées pays par pays, avec des clauses de partage de production et des mécanismes de provisionnement qui divergent du tout au tout. Vouloir les traiter d’une seule main relevait, au mieux de l’optimisme. Au pire, d’une méconnaissance du terrain. La décentralisation annoncée est donc moins une reforme qu’un réalisme tardif.
Six ans et un président plus tard, Monsieur Sana Bangui repart de Libreville avec ce qu’aucune réunion sous régionale n’avait produit : un résultat.
Jos Blaise Mbanga Kack





