Les descendants des figures emblématiques de l’Union des populations du Cameroun (Upc) réunis en conférence de presse le 13 février 2026 à Yaoundé, ont lancé un appel pour l’unité de leur parti politique.
À la table, des noms qui résonnent avec l’histoire de la lutte pour l’indépendance : Monique Cathérine Bisseck (fille de Bisseck Bi Bayi Théophile), le Dr Moumie Osende Afana, Um Nyobe Osende (fils d’Osende Afana) et Françoise Ngo Um Nyobe (fille du célèbre Ruben Um Nyobe). Ces quelques membres du collectif des héritiers nucléaires, fort d’une vingtaine de membres, ont décidé de sortir de leur réserve pour tenter de sauver l’héritage politique de leurs parents.
Partis du constat amer selon lequel les élections législatives et municipales de 2020, ainsi que la présidentielle d’octobre 2025, ont vu l’UPC être écartée ou affaiblie par une multiplicité d’investitures concurrentes, les héritiers des martyrs ont pris la décision d’éviter le risque de voir l’histoire se répéter aux scrutins de 2026, si rien n’est fait. « Depuis plusieurs élections, l’Upc est retoquée pour pluralité d’investitures. Nous avons décidé de faire des rencontres en invitant certains responsables du parti afin qu’ils puissent venir avec nous et faire des listes communes », relate Um Nyobe Osende, membre du collectif. Il déplore cependant la faible réactivité des leaders actuels : « Très peu de leaders ont répondu présents, on ignore pour quelles raisons. Ils sont d’accord mais concrètement sur le terrain ils ne viennent pas pendant les réunions. » Pour mener cette médiation de la dernière chance avec en leur faveur le prolongement de la date des dites élections, le collectif mise sur sa neutralité politique. Bien que porteurs du nom de ces héros nationaux, ils précisent ne pas être membres d’un courant spécifique. « Nous ne sommes pas encartés à l’Upc, nous avons son ADN que l’on le veuille ou pas, donc nous sommes neutres », martèle Um Nyobe Osende. Françoise Ngo Um Nyobe souligne quant à elle l’urgence morale de leur démarche : « On a déjà rencontré individuellement les responsables des différents courants pour mettre fin à ce genre de catastrophe qui est une grosse honte pour la mémoire de nos parents. » Le collectif a d’ores et déjà, grâce aux trois réunions organisées à Boumnyebel, Douala et Édéa en 2025, identifié six courants upécistes et proposé un document de travail rigoureux pour aboutir à une liste unique par circonscription.
Parmi leurs recommandations phares, il parle du dialogue local pour des listes consensuelles ou partage équitable des sièges, la gestion transparente des cautions (prise en charge individuelle ou aide des courants), la commission d’investiture commune composée des responsables de tous les courants et d’une équipe de campagne unifiée avec un programme et une profession de foi commune. Malgré des démarches entreprises auprès du Conseil constitutionnel et de la présidence de la République pour garantir l’équité, les héritiers font face à un mur. Ils ont même interpellé les autorités françaises suite aux travaux de la commission franco-camerounaise de l’histoire. « Le retour que nous avons eu, c’est le silence », regrette Um Nyobe Osende, rappelant cependant l’essence même du combat de l’Upc malgré les difficultés. « L’objectif premier d’un parti politique, c’est de prendre le pouvoir. L’Upc existe depuis 1948 et il n’est jusque-là jamais arrivé au pouvoir. Et si chacun se met de son côté, ça n’arrivera jamais », se désole-t-il. Le collectif espère néanmoins que le poids de l’histoire saura faire taire les égos pour les municipales et législatives à venir.




