
Le Cameroun vient d’obtenir un nouveau financement pour moderniser son réseau routier dans l’une de ses régions les plus enclavées.
Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 309,93 millions d’euros, soit environ 203 milliards FCFA, destiné à financer la première phase du Programme de désenclavement et de connectivité des bassins économiques transfrontaliers dans la région de l’Est (PDCBET), selon un communiqué de l’institution. Validé le 18 février, ce financement permettra l’aménagement et le bitumage d’un tronçon de 156 kilomètres reliant Ngoura II à Yokadouma, sur l’axe stratégique Bertoua – Batouri – Ngoura II – Yokadouma – Moloundou – frontière de la République du Congo.
Ce corridor est considéré comme un maillon clé pour faciliter les échanges commerciaux entre le Cameroun et ses voisins d’Afrique centrale. « En améliorant la connectivité de la région de l’Est et son intégration aux corridors frontaliers, nous contribuons à libérer le potentiel productif et à renforcer l’intégration régionale en Afrique centrale », a déclaré Léandre Bassolé, directeur général du Groupe de la BAD pour l’Afrique centrale. Un programme pour réduire les disparités territoriales Au-delà de l’amélioration de la mobilité, le programme vise également à renforcer la cohésion sociale et à réduire les disparités territoriales dans une zone longtemps restée en marge du développement des infrastructures. La région de l’Est, la plus vaste du pays avec près de 109 000 km², soit environ 23 % du territoire national, figure parmi les moins desservies par le réseau routier. Selon les données citées par la BAD, le taux de routes bitumées y est estimé à 6,25 %, avec une densité routière d’environ 0,70 km pour 1 000 habitants. Cette situation constitue un frein majeur à la valorisation du potentiel productif local, notamment dans les filières agricoles, forestières et minières. Dans son communiqué, la BAD souligne que la construction d’une route moderne et praticable en toute saison devrait faciliter les échanges entre zones de production et centres de commercialisation.
L’infrastructure doit également contribuer à réduire les coûts de transport, améliorer l’accès aux services et renforcer la compétitivité des opérateurs économiques. La mise en œuvre du programme devrait générer au moins 2 500 emplois directs et indirects, notamment au bénéfice des jeunes, des femmes et des minorités vulnérables.





