
Les travaux de l’atelier d’imprégnation des administrations publiques sur les enjeux de l’IA permettront d’élaborer des recommandations qui seront introduites dans le programme de mise en œuvre de la stratégie nationale de l’IA. Ils ont été ouverts hier, à Yaoundé, par le ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng.
« L’IA n’est plus une projection futuriste. Elle constitue désormais une réalité concrète qui transforme profondément les économies, les administrations publiques et les sociétés à travers le monde. Elle offre des perspectives inédites d’efficacité, de célérité dans le traitement des dossiers d’amélioration de la qualité des services rendus aux usagers et de meilleures colocations de ressources publiques. » Prenant la parole, le ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel) Minette Libom Li Likeng, a clairement justifié l’organisation des travaux de l’atelier d’imprégnation des administrations publiques sur les enjeux de l’IA au Cameroun. Le thème retenu est : « IA responsable au Cameroun : protéger le citoyen, encadrer les usagers et bâtir la confiance numérique. » Les échanges ont été ouverts hier, en présence du directeur du bureau de développement des télécommunications de l’Union internationale de télécommunications Cosmas Zavazava et des responsables des administrations publiques. Ils visent à sensibiliser sur les risques de l’IA, élaborer une gouvernance structurée de l’IA et une régulation pour adapter l’IA pour qu’elle réponde à des besoins spécifiques des administrations publiques.
Faciliter le travail des administrations
« L’IA s’impose dans tous les départements ministériels. Il faut une coalition gouvernementale pour qu’on élabore ensemble les règles permettant d’encadrer l’I.A. Parce que la régulation est très importante. Les différentes administrations dans l’élaboration des lois tiendront compte des enjeux de l’IA. Il faut qu’on soit conscient de l’urgence. Il était bon de réunir les administrations, pour élaborer avec les experts la stratégie pour protéger le citoyen. Et s’assurer que l’IA est mise en place en respectant les principes éthiques », explique Minette Libom Li Likeng. Ces travaux posent aussi les bases d’un cadre de réflexion nationale sur la sauvegarde souveraine des données. Durant ceux-ci, il s’agira d’examiner de manière concrète les réalités auxquelles les services publics sont déjà confrontés, d’identifier les difficultés afin d’aboutir à une meilleure coordination de l’action administrative.
« Notre première difficulté au ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat est le renforcement des capacités des personnels dans l’utilisation d’abord de l’outil numérique en général et de l’IA en particulier. Lorsqu’on a la bonne formation, on connait les opportunités et les menaces. De ces concertations, nous voulons assimiler les mécanismes de l’IA et les utilisations au sein des Pme », précise Cyrille Schouame, le chef service de l’incubation au Minpmeesa. Dans sa leçon inaugurale, l’expert Jean-Jacques Essome Bell, a évoqué les piliers pour encadrer l’IA parce que : « Parmi les objectifs de l’administration publique, il y a le bien-être des citoyens et de faciliter le travail des entreprises par les infrastructures et les services publics. Et l’IA est utile, on parle de productivité et d’efficacité », explique-t-il. Les concertations nationales sur l’IA de 2025 ont donné lieu à l’approfondissement des travaux engagés en 2024. Ces assises qui s’achèvent ce jour, permettront de passer du cadre de réflexion à celui de l’action coordonnée en dotant le Cameroun d’un cadre cohérent capable d’encadrer le développement et l’utilisation de l’IA dans tous les secteurs d’activités.
Jean Ateba Onguene




