
Notre expert et entraîneur de football fait une analyse sur la prestation des Lions Indomptables face au Gabon, en relevant des améliorations à faire pour les prochaines étapes.
Le sélectionneur David Pagou a annoncé la rupture avec le système de son prédécesseur. Au regard de ce que les Lions ont présenté, peut-on dire que c’est la rupture véritablement ?
Je pense que lors des derniers matchs de cette équipe, les trois derniers matchs des Lions Indomptables, c’est le même dispositif qui avait été essayé par le prédécesseur de David Pagou, donc le 3-4-3, qui nous avait causé d’énormes problèmes ; il faut le dire comme ça, dans son animation. Mais, je pense que la correction qui a été apportée ici par David Pagou, c’est au niveau de l’animation de ce système. Et avec les hommes qui, aujourd’hui, ont la réactivité et la présence au niveau du flux et reflux. Donc, cette jeunesse est venue compenser dans la générosité de l’effort ; c’est ce qui fait la différence. Et c’est à ce niveau qu’on peut penser à des ruptures réelles par rapport à ce qui a existé avant. Mais dans l’ensemble du dispositif, il avait déjà été essayé dans les trois derniers matchs par Marc Brys. Mais maintenant, David Pagou est véritablement venu créer une rupture avec l’animation dans l’organisation de ce dispositif-là. Parce que non seulement, il a mis les jeunes qui sont capables de donner, où tout le monde est dans le jeu, la reconversion est de mise, et contrairement à ce qui se passait avant où il y avait des gens qui, à mon avis, étaient déjà un peu émoussés, qui ne pouvaient pas répondre véritablement à l’exercice qu’a imposé le sélectionneur dans ce match Cameroun-Gabon.
Les Lions ont gagné certes. Y a-t-il des frais aspects à revoir pour affronter la Côte d’Ivoire ? Lesquels ?
Oui, la victoire est là. On a déjà un pied dans la qualification à partir du moment où nous avons eu une compétition où on va aller chercher le meilleur troisième. On a gagné. Mais, il y a des aspects qu’il faut revoir, parce qu’un match comme ça, si on est à 13 tirs, avec trois seulement cadrés, ça veut dire qu’il y a encore au niveau du développement de l’animation offensive beaucoup de choses à mettre au point. Mais, je pense que c’est une équipe où on ne peut pas dire quelque chose de grand dans sa vie, parce que ce staff technique n’a pas encore eu le temps véritable de travailler avec le groupe. Et c’est même une bravoure de résister face au Gabon comme ils l’ont fait, parce qu’avoir juste une semaine pour travailler un peu comme David Pagou l’a fait et voir comment les joueurs se sont véritablement donnés, on comprend qu’il y avait de l’envie. Ce sont des garçons qui ont faim. Ils veulent faire leur histoire, ils ont rendez-vous avec l’histoire du Cameroun et ils veulent démontrer qu’ils sont parmi les meilleurs. Et ça démontre à souhait que le Cameroun a un vivier. Il faudra revoir à mon avis les schémas tactiques, parce qu’à un moment donné, les garçons se foulaient un peu les pieds, et comme je l’ai dit, au niveau de la dernière passe. Je pense qu’avec le travail, avec les quelques jours qui sont encore là, le staff technique va continuer à mettre en place, à huiler. Mais attention ! Là, nous étions dans l’inconnu, on a avancé, nous sommes arrivés à ce premier match masqué. Maintenant, les autres ont vu et vont sortir les vidéos de ce match et face à la Côte d’Ivoire, il faudra renaître, nous réinventer parce qu’aujourd’hui, il y a eu beaucoup d’impact dans le jeu, beaucoup d’impact physique et il faut bien que la récupération soit de mise. Donc, le facteur dynamique doit être de mise. Et nous avons des kinés, des hommes de qualité avec le staff médical. Ils savent ce qu’il faut faire pour que les garçons récupèrent au mieux pour repartir de plus belle face à la Côte d’Ivoire, parce qu’au niveau de l’impact, ça a été un peu de trop. Tout le monde a donné, tout le monde a travaillé et de peur que nous ne puissions avoir des garçons à l’infirmerie avant la fin du premier tour, il ne faudrait pas que nous soyons pénalisés à propos.
Est-ce finalement une équipe de l’espoir pour cette Can Maroc 2025 ?
À voir le résultat de ce premier match, on peut comprendre clairement que c’est une équipe, en toute honnêteté, qui fonde de l’espoir. Elle est même allée jusqu’à fonder l’admiration grâce à la volonté dont les joueurs ont fait preuve. Et on comprend que le Cameroun reste toujours vivant sur l’aspect mental, parce qu’à ce niveau, il fallait, sachant que nous sortons de loin avec tout ce que nous connaissons, que cette équipe a traversé, un nouvel élan qui, à mon avis, nous présente des lendemains meilleurs et qui, véritablement, nous confère de fonder espoir. Avec cette équipe, telle que les garçons l’ont démontré, il s’agit quand même d’une équipe d’avenir et qui a besoin de beaucoup de soutien par rapport à son avenir. Pour cette CAN, oui, espoir. Mais beaucoup plus pour l’avenir. Le destin peut toujours conduire les Lions à une finale. Mais, il va falloir beaucoup, beaucoup travailler. C’est une équipe beaucoup plus pour les échéances à venir. Mais, elle ne sortira pas de cette CAN ridicule, parce qu’elle a beaucoup d’atouts et beaucoup d’arguments à faire valoir. Lorsqu’on voit ces jeunes, ils ont encore plein dans les jambes à donner et il va falloir simplement continuer à leur faire confiance et garder toujours la motivation qui les a animés pour ce premier match. Et je suis sûr. Que le Cameroun peut aller le plus loin possible dans cette compétition.





