
Des experts de l’instance internationale ont animé deux jours d’atelier au centre d’excellence de la CAF à Mbankomo en présence de plusieurs acteurs clés de cet écosystème. Des recommandations ont été formulées pour mieux adresser la question.
La restructuration du football amateur préoccupe au plus haut point la Fédération internationale de football association (Fifa). Ce football représente plus de 99% à l’échelle mondiale, alors que le football professionnel représente moins de 1%. Ces données ont été présentées par les experts FIFA lors de deux jours d’atelier (du 27 au 28) au centre d’excellence de la Confédération africaine de football (CAF) à Mbankomo. C’était en présence de plusieurs acteurs clés de cet écosystème, parmi lesquels : les entraîneurs, éducateurs et responsables de clubs et présidents. Ces chiffres présentent le fossé qu’il y a dans la pratique de cette activité prisée à travers le monde. Au-delà du rapport mondial, Etienne Sockeng, consultant technique régional FIFA, a présenté la situation du Cameroun. C’est le résultat d’une enquête menée entre 2022 et 2024.
Selon le rapport exposé par Etienne Sockeng, le football amateur au Cameroun fait face à de nombreux problèmes. Ce constat vient d’ailleurs conforter ce que les acteurs vivent sur le terrain ces dernières années. Au-delà du manque criard de financement, on note entre autres : le manque d’infrastructure, de formation et déficit de plan de développement. Car les jeunes ne jouent plus assez comme avant. A en croire les résultats de cette étude, on a 712 joueurs pour un stade de football. Pourtant, les acteurs s’accordent à dire que le développement du football commence par la base. Pour eux, le football amateur est le cœur battant de ce sport. Car c’est là que naissent les talents. « Le football jeune, c’est le socle. Bien géré, il peut fournir des joueurs aux amateurs seniors et professionnels. Le problème principal, c’est que les jeunes ne jouent pas assez. Il n’y a pas de contact permanent avec les entraînements et un championnat organisé. La ville de Yaoundé, par exemple, a un problème d’infrastructure. Il n’y a pas assez de terrain et je comprends les difficultés de la Ligue. Il faut des terrains de proximité pour permettre aux jeunes de s’exprimer », souligne Abah Onana, entraîneur de football.
Redorer le blason du football amateur
Le président de Semence Olympique, Pascal Atangana, pose le problème de la programmation : « Quand on aura un calendrier qu’on peut respecter, on va faire jouer. Il faut des championnats de 16 équipes qui commencent en octobre et finissent en juin. Ce sera bien pour notre football. On va résoudre le problème financier avec le temps. On est conscient de ce problème financier. On peut faire un petit retour. Sur les 5 000 FCFA, on peut nous remettre 1 500 FCFA pour organiser le football à la base ». Cet atelier de restitution de l’analyse de l’environnement du football amateur a permis de voir l’étendue des difficultés auxquelles font face les parties prenantes sur le terrain. Étienne Sockeng a d’ailleurs donné du sourire aux participants : « Au sortir de cet atelier, nous allons mettre sur pied un nouveau projet. La prochaine étape, c’est le développement du football amateur. Ce projet en vue permettra d’avoir plus de compétition. Il sera question de structurer le football amateur pour éviter la navigation à vue. » La situation est critique et la FIFA est déterminée à jouer un rôle majeur dans le développement du football amateur : « FIFA s’est rendu compte il y a des années que 99,8% de ceux qui jouent le football autour du monde sont des amateurs. Pour les aider, il faut avoir des chiffres. D’où l’importance de l’analyse de l’environnement. Le football amateur renvoie aux clubs non professionnels, football féminin, futsal, beach soccer… », a expliqué l’Égyptien Amr MOHEB, Manager du football amateur de la FIFA. Il a conduit ce travail de recherche avec Etienne Sockeng. L’objectif est d’améliorer la pratique du football dans le pays. Lors de la cérémonie de clôture, la première vice-présidente de la Fécafoot, Céline Eko, a invité les experts FIFA à apporter des moyens et projets pour aider ce football amateur à mieux se porter au Cameroun.





