
Le fils de Martinez Zogo sollicite que les restes de son défunt père soient restitués à sa famille pour inhumation. Le troisième anniversaire de la découverte macabre du corps sans vie de Martinez Zogo a été commémoré hier à Yaoundé.
Les locaux de la radio Amplitude Fm sis au quartier Elig-Essono à Yaoundé ont été aménagés ce 22 janvier 2026 pour accueillir du grand monde. Ce jour marque le troisième anniversaire de la découverte macabre du corps sans vie de Martinez Zogo, présentateur de l’émission « Embouteillages ». Les chauffeurs de taxi, les artistes, les journalistes et proches de Martinez Zogo ont massivement fait le déplacement pour venir rendre hommages au journaliste enlevé le 17 janvier 2023 par un commando des éléments de certaines forces de défense et de sécurité. Au milieu de la grande salle, l’on retrouve une chapelle ardente entourée de centaines de bougies. C’est une ambiance de deuil, plusieurs personnes présentes sont vêtues de noir.
La mobilisation va au-delà des simples hommages. Toutes les personnes rassemblées sollicitent qu’une justice soit rendue au défunt journaliste assassiné dans des conditions barbares. Trois années après, le procès ouvert devant le tribunal militaire traine. À ce stade de la procédure, il reste difficile de savoir qui a tué Martinez Zogo. La grille des programmes de la radio a été modifiée pour la circonstance. Une édition spéciale pour rendre hommage à Martinez Zogo a retenu les auditeurs de 9h à 12h. Un jeune homme tout vêtu de noir est assis dans un coin de la salle avec un visage triste. Il s’agit d’Arsène Junior Zogo. C’est l’un des fils de Martinez Zogo. Au-delà des hommages qui sont rendus au défunt, il sollicite passer un message aux autorités : « Trois années après l’assassinat de mon père, nous vivons toujours dans la douleur et la peur. Nous avons besoin que justice soit rendue à mon père. Nous avons également besoin de lui rendre hommages en organisant son deuil. Il n’est pas normal que, trois années après l’assassinat brutal de mon papa, son corps soit encore gardé à la morgue. Le fait qu’il ne soit pas encore enterré nous plonge davantage dans la tristesse. Nous avons besoin de faire le deuil. Que le corps de mon père nous soit restitué », a-t-il déclaré.
Cette cérémonie d’hommages ponctuée d’une célébration religieuse s’est déroulée en présence des frères et sœurs de Martinez Zogo. Dans le cadre de procès ouvert devant le tribunal militaire de Yaoundé pour établir les responsabilités du décès brutal de Martinez Zogo, les avocats de la famille avaient formulé une demande. Ladite demande visait à ce que la dépouille soit remise à la famille pour inhumation. Le tribunal militaire avait rejeté cette demande sous le prétexte qu’à ce stade de la procédure, il n’est pas question de parler des obsèques de Martinez Zogo.





