
Ces données ressortent de l’évaluation des besoins multisectoriels réalisés par la Matrice de suivi des déplacements (OIM) publiée en avril 2024.
Les chiffres des déplacements liés à la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest démontrent l’ampleur des faits. Selon les données de l’enquête d’évaluation des besoins multisectoriels dans la région du Centre, nous avons constaté que cette région accueille environ 56.050 personnes déplacées internes. Parmi elles, 54 % sont des femmes, soit un total de 30.299 femmes déplacées, tandis que 46 % sont des hommes, soit 25.751 hommes déplacés.
Dans le département de la Lekie, nous n’avons pas pu obtenir des chiffres exacts sur les mouvements des déplacés internes. Néanmoins, des données approximatives ont été faites par les différentes responsables de ces communautés. « Nous avons une grande communauté anglophone ici dans la ville d’Obala. En ce qui concerne les personnes déplacées internes, nous avons plus de 500 personnes qui ont trouvé refuges ici », confie Tse Atoh Roland, chef de la communauté anglophone dans cette localité. Dans le village Ndokoa et dans la ville de Sa ‘a, le cliché est le même. « Nous avons une forte communauté anglophone ici qui comprend des personnes déplacées et celles venues avant cette crise qui sévit dans nos régions », lance Sumenang Bungoh Hideau, chef de la communauté anglophone de Ndokoa. Les chiffres sont grandissants depuis le début de cette crise sociopolitique. Selon le rapport n o 28 de février 2021 sur la situation humanitaire des Nations Unies (en anglais OCHA), le Centre enregistre plus de 52.000 déplacés internes. Par ailleurs, selon le rapport mondial sur les déplacements interne 2024, les conflits et les violences ont provoqué 164.000 déplacements au Cameroun dont 93.000 dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
L’instabilité sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest commence en octobre 2016 par des revendications d’avocats et des enseignants qui demandaient une réforme du sous-système éducatif anglophone. Depuis lors, les populations de ces zones vivent dans la peur.
Ce travail a été réalisé grâce à une subvention accordée par l’Association camerounaise des journalistes anglophones (CAMASEJ) dans le cadre d’un projet financé par l’Open Society Foundations.





