Cacaoculture : Des journalistes formés sur la question du travail des enfants

 

 La formation sur cette thématique organisée par International Cocoa Initiative (ICI) a réuni une vingtaine de femmes et hommes de médias du 16 au 19 mars 2026 à Yaoundé.

Des journalistes issus de divers organes de presse ont pris part à un atelier de formation axé sur le travail des enfants et ses enjeux dans la filière cacao au Cameroun. L’objectif de cette rencontre organisée par International Cocoa Initiative (ICI) était de renforcer leurs capacités à traiter avec rigueur et responsabilité cette problématique sociale préoccupante. Selon une étude menée par l’Institut national de la Statistique (INS), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le ministère du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss), 35,5% d’enfants sont en situation de travail au Cameroun. Les résultats du rapport final de l’étude du travail des enfants dans la filière cacao montrent que 16,5% des enfants de 5 à 17 ans ont été occupés dans une activité liée au cacao au cours de la campagne (août 2023-juillet 2024).

Durant quatre jours, du 16 au 19 mars 2026, les travaux ont porté sur plusieurs modules animés par l’équipe ICI notamment la présentation de la filière cacao au Cameroun ; la présentation de la Fondation ICI, sa politique de sauvegarde de l’enfant, son système de suivi et de remédiation ; les concepts de base liés au travail des enfants ; les normes internationales en matière de lutte contre le travail des enfants, les causes et conséquences, la diligence raisonnable.

Les travaux dangereux pour les enfants

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), le travail des enfants renvoie aux activités qui privent les enfants de leur enfance, leur dignité et nuisent à leur développement physique et psychologique. L’enfant étant défini comme tout être humain âgé de moins de 18 ans. Plusieurs travaux sont à cet effet classés comme dangereux pour cette catégorie. Au Cameroun, l’arrêté N°001993 A/Mintss du 11 novembre 2025 détermine les travaux dangereux interdits aux enfants. On les recense dans les domaines tels que le commerce, l’élevage, les industries et mines, l’agriculture et la foresterie. Dans l’agriculture et la foresterie précisément la cacaoculture, six travaux ont été identifiés. Il s’agit des activités impliquant le feu ; les travaux de mécanique agricole ; l’accès ou l’utilisation des produits phytosanitaires ; les activités liées à la chasse des animaux sauvages ; toute manœuvre impliquant l’usage d’un objet tranchant sans assistance d’un adulte (bûcheronnage, abattage, défrichage) ; le port des charges au-delà des spécifications autorisées.

Il est à souligner que certains travaux légers sont admis pour les enfants dans l’agriculture en général et dans la cacaoculture en particulier. Les enfants sont par exemple autorisés à ramasser et rassembler les cabosses ; à laver des fèves de cacao ; à trier et étaler les fèves pour séchage ; à tenir ou remplir les sacs de cacao à l’aide de petits récipients. Toutefois, ces activités peuvent devenir dangereuses lorsqu’elles sont effectuées dans la nuit ou pendant de longues heures. Les enfants sont aussi soumis aux pires formes de travail des enfants (Pfte). Ils sont classés en quatre catégories à savoir l’esclavage, les exploitations sexuelles, les activités illicites et les travaux dangereux définis en fonction de chaque pays.

Causes et conséquences du travail des enfants

Le module sur les causes et conséquences du travail des enfants animé par Jean Philippe N’Guessan a été l’un des plus participatifs au cours de ce séminaire de formation sur la problématique du travail des enfants et ses enjeux dans la filière cacao. Le travail des enfants dans les plantations de cacao peut entraîner un embargo sur un pays. De ce fait, ces entreprises soumises à la diligence raisonnable en matière des droits de l’Homme veillent au respect des normes établies. Elles ont l’obligation d’identifier les impacts négatifs de leurs actions, d’agir pour les prévenir ou les réduire et de rendre compte. Les producteurs de cacao africains sont contraints de remplir toutes les conditions notamment celles relatives au travail des enfants pour pouvoir exporter  dans la zone de l’Union européenne qui consomme plus de 65 de leurs productions.

En dehors de cette conséquence sur l’économie nationale, les communautés, les familles et en premier rang les enfants travailleurs sont exposés aux conséquences a l’instar des maladies, des handicaps. Les causes sont de divers ordres : socioculturels (ignorance, les traditions) ; économiques (pauvreté) ; techniques (non mécanisation, vieillissement des vergers) ; politiques (crise sociopolitique, insuffisance de vulgarisation des lois).

SSRTE, la stratégie ICI

International Cocoa initiative (ICI) est une fondation qui a pour leitmotiv la prévention et la lutte contre le travail des enfants et le travail forcé dans la filière cacao. Pour jouer efficacement ce rôle, ICI a mis sur pied un Système de suivi et de remédiation du travail des enfants (SSRTE). Il se met en place dans une communauté ou une chaîne de production. Il consiste dans un premier temps à identifier les cas. Ensuite, à apporter un soutien pour prévenir ou remédier à la situation. La dernière étape est le suivi des enfants. Il est question de faire une évaluation du soutien accordé aux différents cas de ce système qui s’appuie sur une forte sensibilisation pour aboutir au changement de comportements. Des outils de sensibilisation tels que des boîtes à images, des dépliants, des affiches, des films didactiques et autres sur des thématiques variées sont mis à contribution.

De manière plus concrète, ICI mène des actions de remédiation directes et indirectes. Dans la première catégorie, l’enfant est le premier bénéficiaire. Il peut recevoir des kits scolaires, des soins, des soutiens scolaires etc…Les actions indirectes quant à elles sont à la faveur des communautés, des familles à travers des aménagements des points d’eau, des centres de santé des écoles, des activités génératrices de revenus (Agr).

ICI est créée en 2002 à la suite du protocole Harkin/Engel visant à réunir tous les acteurs de la filière cacao pour mettre fin au travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement du cacao. La fondation dispose des bureaux au Ghana et en Côte d’Ivoire. En novembre 2025, la fondation a obtenu l’autorisation d’exercer au Cameroun. La cérémonie d’installation officielle se tiendra le 31 mars prochain à Yaoundé.

Cecile Ambatinda


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