08 mars 2026 : Le CICR rend hommage aux femmes en zones de conflit

 

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Comité international de la Croix-Rouge met en lumière le courage des femmes vivant dans l’Extrême-Nord du Cameroun, souvent premières victimes du conflit armé et des déplacements forcés.

 

Ce sont les femmes, souvent les premières à subir les conséquences de la violence en zone de conflit, que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a choisi de mettre en lumière à l’occasion de la 41ᵉ édition de la Journée internationale des droits des femmes. Dans les premières lignes de sa publication sur Facebook, un hommage leur est rendu : « En cette Journée internationale des droits de la femme, nous rendons hommage aux femmes affectées par le conflit armé à l’Extrême-Nord du Cameroun. » Ce choix n’est pas anodin, car il reflète la réalité brutale d’un quotidien marqué par l’insécurité. Les attaques des groupes armés ont profondément bouleversé la vie des populations, contraignant des familles entières à fuir leurs villages. Ainsi, ces femmes portent aujourd’hui le poids des déplacements forcés, des séparations familiales et de la perte de leurs moyens de subsistance.

Face à ce chaos, le CICR ne reste pas spectateur. Guidé par les principes de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, il a maintenu en 2025 un dialogue constant avec toutes les parties prenantes. Fondée en 1863, l’institution reste fidèle à sa mission : atténuer les souffrances par la promotion du Droit international humanitaire (DIH). Yann Bonzon, chef de la délégation régionale du CICR pour l’Afrique centrale, dresse un bilan lucide dans le document des faits et chiffres 2025 : « Le CICR a maintenu sa réponse aux situations d’urgence tout en contribuant au renforcement de la résilience des populations. » La situation est alarmante. Selon ce même rapport, au 31 janvier 2024, le Cameroun comptait plus de 2,2 millions de personnes déplacées, en nette augmentation par rapport à l’année précédente. Parmi elles, plus d’un million sont des déplacés internes, et des centaines de milliers de « retournés » tentent de survivre, notamment dans l’Extrême-Nord. Pour ces femmes, l’exode signifie l’abandon de leurs habitations, de leurs terres et de leurs troupeaux.

Une fois le village quitté, les difficultés s’accumulent : perte de revenus et précarité extrême dans les sites d’accueil. Qu’elles aient été agricultrices, commerçantes, couturières ou éleveuses, ces femmes doivent désormais subvenir seules aux besoins de leurs enfants. Pourtant, au milieu des épreuves, leur courage impressionne : « Elles font preuve chaque jour d’une résilience remarquable pour soutenir leurs familles », souligne le CICR. Pour répondre à cette détresse et soutenir leur résilience, l’organisation déploie une assistance concrète et massive. En 2025, l’aide alimentaire a été une priorité : un peu plus de 17 500 personnes, incluant des femmes enceintes et allaitantes, ont reçu 293 tonnes de vivres pour lutter contre la malnutrition aiguë. Parallèlement, plus de 58 000 personnes ont bénéficié de rations d’urgence, tandis que 13 000 déplacés ont reçu des kits essentiels de cuisine, de couchage et d’hygiène.

L’action du CICR vise également à redonner autonomie et moyens de subsistance à ces familles. Le soutien à la production a permis à plus de 11 000 ménages vulnérables de recevoir outils et semences de maïs, niébé ou sorgho. Dans le secteur pastoral, près de 500 000 petits ruminants et plus de 412 000 volailles ont été vaccinés pour préserver le bétail restant. Dans le domaine de la santé, l’organisation a permis à 331 389 patients, dont des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, de bénéficier de soins médicaux d’urgence et de soins de santé primaires. Par ailleurs, elle a facilité l’accès à l’eau potable à 219 633 personnes, incluant des communautés hôtes, des déplacés internes et des réfugiés.

La protection des liens familiaux reste un autre axe majeur. Des contacts ont été établis avec 498 familles de personnes séparées, 64 lettres échangées via le programme Messages Croix-Rouge ont permis de maintenir le contact entre proches, et 90 familles ont bénéficié de soutiens multiformes du CICR. En braquant les projecteurs sur ces destins à l’occasion du 08 mars 2026, le CICR rappelle que ces femmes sont le socle de la reconstruction sociale. « Aujourd’hui, nous saluons leur force et leur courage », conclut l’organisation internationale.

Guillaume Mete

Author: Guillaume Mete

Guillaume Aimée Mete est journaliste au Quotidien Le Jour. Elle est passionnée du journalisme et s’intéresse aux questions liées à la santé et à l’environnement.

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Guillaume Aimée Mete est journaliste au Quotidien Le Jour. Elle est passionnée du journalisme et s’intéresse aux questions liées à la santé et à l’environnement.


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    Guillaume Aimée Mete est journaliste au Quotidien Le Jour. Elle est passionnée du journalisme et s’intéresse aux questions liées à la santé et à l’environnement.